CBD et Cannabis au Sénégal : Ce que Dit la Loi
📌 À retenir
- Le CBD n'a aucun cadre légal au Sénégal : le Code des drogues vise toute huile et tout dérivé du cannabis.
- Détenir un peu de yamba pour soi vaut 2 mois à 1 an de prison et une amende du triple de la valeur saisie.
- Partager ou céder, même quelques cornets, relève d'un régime bien plus lourd.
- Les Assises de la Justice de 2024 ont proposé des amendes à la place de la prison, sans suite à ce jour.
- Aucun cannabis médical : pas de programme, pas de médicament autorisé à notre connaissance.
Non, le cannabis n'est pas légal au Sénégal, et le CBD n'y profite d'aucune tolérance particulière. Le Code des drogues de 1997, durci en 2007, punit le simple usager de prison et ne fait pas de différence entre le chanvre et les drogues dures pour le trafic. Chez TealerLab, on a des clients qui partent à Dakar, à Saly ou en Casamance et qui nous demandent s'ils peuvent emporter leur flacon d'huile ou quelques fleurs pour le séjour. La réponse est non, et voici pourquoi : ce que dit la loi sur le cannabis au Sénégal en 2026, et ce qui t'attend si tu prends le risque.
| Produit ou usage | Statut au Sénégal (2026) |
|---|---|
| CBD (huile, fleurs, résine) | Aucun cadre, traité comme un dérivé du cannabis |
| Usage, achat ou détention pour soi | 2 mois à 1 an et amende du triple de la valeur saisie |
| Culture | Interdite sur tout le territoire |
| Vente, import, export | Trafic, 10 à 20 ans de travaux forcés selon la presse |
| Conduite sous l'emprise | 1 à 3 ans, refus du dépistage puni pareil |
| Cannabis médical | Inexistant |
Le CBD est-il légal au Sénégal ?
Non. La loi n° 97-18 du 1er décembre 1997 portant Code des drogues ne prévoit aucun seuil de THC et ne distingue pas le chanvre à faible teneur du cannabis classique. Son article 109 vise même expressément « l'huile de cannabis » et les autres dérivés.
Résultat : une huile au CBD parfaitement conforme chez nous, comme celles de notre rayon huiles CBD, n'a aucune existence légale à Dakar. On n'a trouvé ni boutique CBD autorisée, ni médicament au CBD enregistré, ni position officielle des autorités sénégalaises sur le sujet. Une source spécialisée non officielle indique que les colis de CBD sont interceptés par la douane. On part donc du principe le plus prudent : le CBD y est traité comme du cannabis.
Cannabis au Sénégal : ce que prévoit le Code des drogues
Le « yamba », comme on appelle le cannabis au Sénégal, est encadré par deux articles clés. L'article 108 interdit tout usage hors prescription médicale, et toute drogue trouvée sur un usager est confisquée, même sans poursuites. L'article 109 fixe la sanction pour l'achat, la détention ou la culture d'une faible quantité pour sa consommation :
- Prison : de 2 mois à 1 an.
- Amende : égale au triple de la valeur des drogues saisies.
- Dispense possible : le juge peut dispenser de peine un mineur pénal non récidiviste qui s'engage solennellement à l'audience à ne pas recommencer.
Attention, la loi ne chiffre pas la « faible quantité ». Au-delà, ou dès qu'il y a revente, on bascule dans le trafic. La culture est interdite sur tout le territoire : le propriétaire d'un terrain doit détruire les plants ou prévenir les autorités.
La loi Latif Guèye : le trafic devenu crime
En 2007, le Sénégal a voté la loi n° 2007-31, dite loi Latif Guèye, du nom du député à l'origine du texte. Elle a réécrit le volet trafic du Code des drogues. Selon la presse sénégalaise, la culture, l'import, l'export et le trafic intérieur sont passés de 5 à 10 ans de prison à 10 à 20 ans de travaux forcés. On n'a pas pu lire le texte consolidé au Journal officiel, d'où notre prudence sur le chiffre exact.
Le plus important pour un voyageur : partager ou céder du cannabis à quelqu'un d'autre est puni bien plus lourdement que le simple usage. En décembre 2025, le tribunal de Guédiawaye a prononcé 2 ans ferme contre un homme de 25 ans trouvé avec 35 cornets de yamba. Et la peine maximale est doublée près d'une école, d'un hôpital, d'un lieu de culte ou envers un mineur.
Un étranger condamné pour trafic peut en plus être interdit du territoire, pour 2 à 10 ans ou définitivement.
Casamance : la guerre aux champs de yamba
La culture illégale se concentre dans le sud, en Casamance, où l'armée détruit régulièrement des champs. Le 17 mars 2026, trois militaires ont été tués lors d'une opération de destruction près de la frontière gambienne. Le 17 septembre 2026, sept champs ont encore été détruits au Nord Sindian. Selon le ministre de l'Intérieur, environ 25 tonnes de chanvre indien ont été saisies sur la période 2025-2026.
Une réforme évoquée, pas votée
Le débat existe. En juin 2024, les Assises de la Justice ont recommandé de prévoir des amendes pour les fumeurs de chanvre plutôt que de les envoyer en prison. Des défenseurs des droits humains soutiennent l'idée, l'ONG Jamra s'y oppose. En juillet 2025, l'office antidrogue a lui aussi appelé à réformer le Code, surtout pour y intégrer les nouvelles substances. Au 19 octobre 2026, aucun projet de loi n'a été déposé : la prison reste la règle.
Côté soins, le tribunal peut obliger un usager condamné à suivre un traitement, à la place ou en plus de la peine. Le CEPIAD de Dakar, ouvert en 2014, accompagne surtout les usagers de drogues injectables.
Voyager au Sénégal avec du CBD : nos conseils
- N'emporte aucun produit au CBD : la loi vise l'huile de cannabis et tous les dérivés, rien ne l'exempte.
- Ne partage jamais : offrir ou céder, même un cornet, te fait passer dans la catégorie la plus lourde.
- Au volant, zéro : conduire sous l'emprise est puni de 1 à 3 ans, même sans signe extérieur, et refuser le dépistage expose aux mêmes peines.
Pour comparer avec le seul pays africain qui autorise l'usage privé, lis notre fiche sur le CBD et le cannabis en Afrique du Sud.
À retenir
Le Sénégal reste un pays de tolérance zéro sur le cannabis : prison possible pour un usager, peines de trafic très lourdes depuis la loi Latif Guèye, et aucune place pour le CBD, puisque la loi vise expressément l'huile et tous les dérivés. La piste des amendes évoquée en 2024 n'a jamais été transformée en loi.
Pour ton voyage : ton CBD reste en France, et tu profites du thiéboudienne sans arrière-pensée.
Article informatif, à jour au 19 octobre 2026. Sources : loi n° 97-18 du 1er décembre 1997 portant Code des drogues, loi n° 2007-31 dite loi Latif Guèye, Comité interministériel de lutte contre la drogue (CILD), OCRTIS, ministère sénégalais de l'Intérieur, Assises de la Justice 2024, ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères. Il ne constitue pas un avis juridique et la législation évolue. Réservé aux 18+. Conforme à la législation européenne en vigueur (< 0,3% THC).
FAQ
Que veut dire « yamba » ?
C'est le nom courant du cannabis au Sénégal, qu'on appelle aussi chanvre indien. On le vend en petites doses roulées dans du papier, les « cornets ».
Un hôtel peut-il être sanctionné si un client fume ?
Oui. Le Code des drogues punit le fait de faciliter l'usage d'autrui dans un local, un hôtel ou un bar, et prévoit la fermeture temporaire des établissements ouverts au public où des infractions ont été commises.
La peine de mort existe-t-elle pour le trafic ?
Non. Le Code des drogues ne prévoit pas la peine capitale, contrairement à l'Algérie depuis 2025. La peine la plus lourde est celle des travaux forcés pour le trafic, avec un maximum doublé en cas de circonstances aggravantes.
Peut-on refuser un traitement imposé par le juge ?
C'est risqué : refuser le traitement ordonné par le tribunal est puni de 2 à 5 ans de prison et d'une amende de 500 000 à 3 000 000 francs CFA.
Les graines de cannabis sont-elles autorisées ?
Non. La culture étant interdite sur tout le territoire, il n'existe aucune exception pour les graines, et on te déconseille d'en transporter.