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CBD et Cannabis en Algérie : Ce que Dit la Loi

· ✍️ TealerLab· ⏱ 7 min lecture · 📊 1436 mots

📌 À retenir

  • Le CBD n'a aucun statut distinct en Algérie : la loi ne le sépare pas du cannabis.
  • Consommer ou détenir pour soi est un délit : 2 mois à 2 ans de prison et/ou 20 000 à 50 000 DA d'amende.
  • Le consommateur qui suit une cure de désintoxication peut échapper aux poursuites.
  • Depuis juillet 2025, la peine de mort est prévue pour certains cas de trafic aggravés.
  • Importer des stupéfiants est puni de la perpétuité : n'emporte jamais de CBD.

Non, le cannabis n'est pas légal en Algérie, et le CBD n'y bénéficie d'aucune exception. Le pays a même durci sa loi deux fois en deux ans, en 2023 puis en juillet 2025, jusqu'à introduire la peine de mort pour certains trafics. Chez TealerLab, on a beaucoup de clients qui rentrent voir leur famille à Alger, Oran ou Constantine, et la question revient chaque été : est-ce que je peux garder mon huile ou mes fleurs CBD dans la valise ? La réponse est non. Voici ce que dit la loi sur le cannabis en Algérie en 2026, et pourquoi le cannabis légal en Algérie n'existe sous aucune forme.

Produit ou usage Statut en Algérie (2026)
CBD (fleurs, résine, huiles, cosmétiques) Aucun cadre légal, à considérer comme interdit
Consommation, achat, détention pour soi Délit, 2 mois à 2 ans et/ou 20 000 à 50 000 DA
Culture pour usage personnel 2 à 5 ans de prison
Vente, détention pour la vente 10 à 20 ans de prison
Import ou export Réclusion perpétuelle
Cannabis médical Aucun programme identifié

Le CBD est-il légal en Algérie ?

Non. La loi n° 04-18 du 25 décembre 2004 sur les stupéfiants ne fait aucune distinction entre le chanvre à faible taux de THC et le cannabis classique. Il n'existe en Algérie ni seuil de THC autorisé, ni circuit de vente, ni produit au CBD enregistré, à notre connaissance.

On n'a trouvé aucune position officielle du ministère de la Santé ou des douanes algériennes spécifique au CBD. Plusieurs sources spécialisées non officielles indiquent que les importations d'huiles, de gummies ou de cosmétiques au CBD sont bloquées à la douane. Faute de texte clair, on applique la règle de prudence : le CBD est traité comme du cannabis.

Concrètement, le seuil de 0,3 % de THC qui rend notre résine de CBD conforme en France ne vaut rien à l'aéroport d'Alger. Pour un douanier, un pain de résine reste un pain de résine.

Cannabis en Algérie : ce que dit la loi 04-18

La loi de 2004 a été réécrite par la loi n° 23-05 du 7 mai 2023, puis par la loi n° 25-03 du 1er juillet 2025. Pour l'usager, l'article 12 fixe la règle : consommer, acheter ou détenir des stupéfiants pour sa consommation personnelle est puni de :

  • 2 mois à 2 ans de prison ;
  • et/ou une amende de 20 000 à 50 000 dinars.

La loi de 2025 n'a pas touché à cet article. Elle a en revanche fortement alourdi tout le reste :

  • Culture : réclusion perpétuelle, ramenée à 2 à 5 ans si elle est destinée à la consommation personnelle.
  • Vente et détention pour la vente : 10 à 20 ans de prison et 5 à 50 millions de dinars d'amende. La peine monte à 20 à 30 ans si l'auteur est un agent public ou un professionnel de santé, et à la perpétuité en bande organisée.
  • Récidive : la peine est doublée pour l'usage, et une infraction déjà punie de la perpétuité devient passible de la peine de mort.

La cure plutôt que la prison ?

C'est la spécificité algérienne : la loi mise aussi sur le soin. Un consommateur qui s'est soumis à une cure de désintoxication ou à une surveillance médicale n'est pas poursuivi (article 6). Si une expertise montre qu'un traitement est nécessaire, le juge peut ordonner la cure et renoncer à la peine (article 8). Les mineurs sont exemptés de poursuites après une cure complète.

Sur le papier, c'est une porte de sortie. Dans les faits, la presse algérienne signale un manque de centres spécialisés qui conduit parfois des juges à envoyer de jeunes consommateurs en prison. Et si l'expertise conclut qu'aucun traitement n'est nécessaire, c'est l'article 12 qui s'applique.

Loi de 2025 : la peine de mort pour certains trafics

La loi n° 25-03 du 1er juillet 2025 a introduit la peine capitale dans le droit des stupéfiants. Elle vise des cas précis :

  • le trafic, l'importation ou l'exportation ayant causé un décès ou pouvant causer un préjudice grave à la santé publique ;
  • les faits commis par un groupe criminel organisé transnational ;
  • l'utilisation d'un mineur ou d'une personne vulnérable aux abords d'un établissement scolaire ;
  • la récidive d'une infraction punie de la perpétuité.

Le simple usage n'est pas concerné. Les premières condamnations à mort en application de cette loi ont été prononcées en octobre 2026, dans une affaire de cocaïne et de prégabaline, selon TSA. L'Algérie n'a procédé à aucune exécution depuis 1993, selon Amnesty International.

Le contexte explique cette sévérité : en 2025, l'Office national de lutte contre la drogue a recensé 37,2 tonnes de cannabis saisies et 71 546 affaires liées au cannabis. L'armée dit avoir bloqué 35 tonnes de kif traité à la frontière marocaine sur la même année.

Voyager en Algérie avec du CBD : nos conseils

  • N'emporte aucun produit au CBD : ni fleur, ni résine, ni huile, ni crème. L'importation illicite de stupéfiants est punie de la réclusion perpétuelle.
  • Pense à ton titre de séjour : un étranger condamné peut être interdit de séjour au moins 10 ans, et définitivement en cas de crime.
  • Binationaux, attention : la loi de 2025 permet de déchoir de la nationalité algérienne acquise en cas de crime.
  • Méfie-toi du dépistage : la police peut imposer des examens à un suspect soupçonné d'avoir agi sous influence, et un refus expose aux mêmes peines.

La page « Conseils aux voyageurs » du ministère français des Affaires étrangères, mise à jour le 10 septembre 2026, ne mentionne pas spécifiquement le cannabis. Ce silence ne vaut pas tolérance. Pour comparer avec ton voisin tunisien, on a détaillé la loi sur le CBD et le cannabis en Tunisie, et pour chez nous, ce que dit la loi française.

À retenir

L'Algérie fait partie des pays les plus sévères au monde sur les stupéfiants. Le simple usage de cannabis y reste un délit, aménageable par une cure, et la loi de 2025 a fait entrer la peine de mort dans les cas de trafic les plus graves. Le CBD n'a aucune existence juridique propre : il suit le sort du cannabis.

Pour ton voyage : ton CBD reste en France, et tu profites du pays sans.

Article informatif, à jour au 19 octobre 2026. Sources : loi n° 04-18 du 25 décembre 2004, loi n° 23-05 du 7 mai 2023 et loi n° 25-03 du 1er juillet 2025 (Journal officiel de la République algérienne), Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie, ministère de la Défense nationale, DGSN, Amnesty International, ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères. Il ne constitue pas un avis juridique et la législation évolue. Réservé aux 18+. Conforme à la législation européenne en vigueur (< 0,3% THC).

FAQ

Le cannabis médical est-il autorisé en Algérie ?

Non. La loi autorise seulement la culture ou l'importation à des fins médicales ou scientifiques sous autorisation, mais aucun programme n'existe, et on n'a trouvé aucun médicament à base de cannabinoïdes enregistré.

Faut-il un test antidrogue pour travailler en Algérie ?

Depuis la loi de 2025, un test de dépistage négatif est exigé pour les concours de recrutement dans les administrations et chez de nombreux employeurs.

Un café ou un hôtel peut-il être fermé pour une affaire de cannabis ?

Oui. La loi de 2025 permet la fermeture temporaire, jusqu'à 10 ans, ou définitive des lieux ouverts au public où des infractions ont été commises par l'exploitant ou avec sa complicité.

Offrir un joint à un ami est-il considéré comme du trafic ?

Céder ou offrir des stupéfiants à quelqu'un pour sa consommation est puni de 2 à 10 ans de prison, et la peine maximale est doublée si la personne est mineure.

Une réforme plus souple est-elle prévue ?

Aucune. Les amendements du Code pénal adoptés par l'Assemblée le 1er octobre 2026 élargissent la peine de mort à d'autres crimes et ne prévoient aucun assouplissement sur les stupéfiants.